disconoma (duo)


    info
   
        monomi #1       
        scents of community
        living yokocho
        shashin-an
        kyojima, capital’s island...        
        hyper-local rooms
        hommage à Ohno Kazuo
        digital soba choko
        dés-œuvres de jeunesse    
        habiter l’exposition
        transfiguration      
        jo ha kyu                      


fanny terno


    info
       
        photography is an image  
        omamori-chan
        les yeux rougis
        reconnaissance des formes
        l’exposition comme jardin
        tokonoma
        sauts de chats       
        tout fou lacan
        4x6 non title event
        pictures


thomas vauthier


    info  
             
        une niche en commun
        dés-œuvres de jeunesse
        kyoto survey          
        artifices
        protocole
        digital painting
        minimenta
        diaporama
       


    ︎ - ︎












Tous droits réservés. 2021.

Fanny Terno & Thomas Vauthier.

Kyojima, capital’s island, today’s island, friendly murmurs under the...

21 - 24 avril 2023. 
ONA project room, Sumida-ku, Tokyo. 
Exposition.




Kyojima,
d’aujourd’hui
la capitale
l’île,
des murmures affables sous les genkan entrouverts,
à l’ombre on parlotte,
la pluie, le beau temps,
les maisons qui font le grand écart,
qui s’allongent et s’étirent,
l’hymne de la shotengai,
est-ce une campagne,
une ténue ville,
la skytree qui veille les lucioles plein le ventre,
les ruelles qui serpentent et les chats
de gouttière,
de toits en tole ondulées,
l’incendie se propage,
entrebaillé par les nouvelles maisons
non de paille mais de pierre,
les jeunes pousses embrasent le béton,
le bitume, la terre, transpercés,
et dans les pots semi-public,
ça s’acoquine,
en attendant le tsunami on profite de cette île,
future Atlantide,
ce que nous faisons,
c’est de la proto-archéologie, 
de la contemporalogie






Cette exposition s’ancre dans la pratique documentaire du duo Engawa, composé de Fanny Terno et de Thomas Vauthier. Ensemble, ils explorent des contextes citadins depuis 2016, s’intéressant particulièrement des villes japonaises et aux dynamiques de revitalisation qui s’y déploient. Ils s'intéressent depuis 2019 à la ville d’Onomichi (Hiroshima-ken), après une période de bénévolat auprès de l’association Onomichi Akiya Saisei Project, chargée de la rénovation des maisons vacantes. En 2022, ils découvrent un lointain cousin d’Onomichi à Tokyo, le quartier de Kyojima (Sumida-ku), où Thomas vit depuis juillet. Qui partage avec Onomichi des similitudes étonnantes : Ce bouillonnement de forces contraires et paradoxales - où le vieux s’hybride au plus contemporain, où la pression au zonage qui se frotte à la résistance de l’informalité, le risque de la catastrophe avec la sérénité de la vie, les vestiges du temps long et l’horizon de la disparition.

Fanny et Thomas ont cherché à capter ces différentes énergies à l’œuvre et à les donner à ressentir. En produisant une sorte de documentaire, mais d’un genre quelque peu spécial. Pour une fois, point de figure humaine. Point même d’architecture, à proprement parler. Mais des plantes. Des agencements. Du bricolage. Des animaux. Des formes. Des textures. L’humain est là mais il est ailleurs, au second plan. L’humain est aussi dans le regard, dans leurs gestes artistiques, dans ces différents degrés d’agencement, de représentations. La ballade, l’errance, et la cueillette sont à l’origine de cet herbier de matériaux. Des sensations, des photographies, des objets trouvés.

Une attention particulière pour les espaces l’entre-deux, à la fois privés et publics, les devantures des maisons. Ce sont des espaces de co-existence, de négociation. On y agence 鉢植え, et des formes de vie plus informelles cherchent également à y faire leur nid, dans les interstices. Des plantes, qualifiées d' “invasives”, spontanées et sauvages. On y bricole des mini-autels de verdure, on les arrange avec des matériaux de fortune, au milieu d’objets discarded. Des agencements qui sont de véritables sculptures urbaines, attendant d’être regardés à leur juste valeur. Des sculptures trouvées. C’est aussi là que se posent les oiseaux, où les abeilles butinent, où traînent les chats et où vivent les tortues de Kyojima.

Ces espaces de créativité pullulent et sont particulièrement vivaces à Kyojima. Fanny et Thomas proposent donc le fruit de leur cueillette, en partant de représentations factuelles (photographiques) tout en explorant différents modes et degrés d’artialisation - de l’installation, à la sculpture en passant par la peinture, en inscrivant également leur pratique en résonance avec l’identité de UNTITLED space, à travers des interventions in situ. Comme autant de tentatives de toucher, de dégager l’essence puis de partager ces formes de beauté si particulières et vernaculaires de Kyojima.